SDEE - Syndicat Départemental d'Energie et d'Equipement de la Lozère

Histoire

histoire-transport-energieL'histoire du service public de l'électricité

Aux environs de 1900, les techniques de production et de transport des courants alternatifs et continus sont suffisamment au point pour que l'on puisse envisager de substituer l'énergie électrique aux diverses formes d'énergie utilisées jusque là.

Les possibilités extraordinaires que procurent le "transformateur" inventé par Lucien GAULARD (1884) font supplanter le courant continu par le courant alternatif.

La production et la distribution de cette énergie nouvelle, utile aux industries comme aux usagers domestiques, nécessite rapidement l'élaboration de règles d'exploitation et de sécurité.

Entre temps, la loi du 5 avril 1884 confie aux communes la mission d'assurer la création et la marche des services publics indispensables à la satisfaction des besoins de leurs habitants.

La loi du 15 juin 1906 (toujours en vigueur aujourd'hui) donne aux communes un certain nombre de facilités pour organiser plus spécialement les services publics de l'électricité.

societe-lozere-electriciteC'est dans ce cadre juridique que les distributions publiques d'électricité ont été créées ; soit par des communes agissant isolément (26 en lozère), soit par des communes groupées en syndicats intercommunaux d'électricité (19 dans notre département).

La loi du 2 août 1923 octroie une aide de l'Etat pour l'électrification des campagnes. En 1936, l'Etat créé le Fonds d'Armortissement des Charges d'Electrification (FACE) afin d'apporter aux communes un allègement de leurs charges financières engendrées par la construction des réseaux.

Enfin, la loi du 8 avril 1946 nationalisant les entreprises distributrices d'électricité et créant l'établissement public national "EDF" spécifie que la construction, l'extension ou le renforcement des lignes de distribution d'électricité seront laissées à l'initiative des communes dites "rurales" (commune de moins de 2 000 habitants). Les réseaux mis en place par ces communes sont ensuite concédés à EDF.

L'électrification rurale en Lozère

Dans la première décennie du siècle, la desserte en électricité était assurée par de petites installations ponctuelles créées par des particuliers. En Lozère, c'est l'énergie hydraulique qui était le plus souvent employée en raison de l'abondance de cours d'eau. Les puissances mises en jeu étaient modestes et la consommation réservée au seul éclairage. Toutefois, la production se trouvait souvent mise à défaut.

histoire-energie-hydroliqueIl est ainsi apparu que la desserte ne pouvait se faire que grâce à des réseaux plus étendus, visant progressivement à couvrir l'intégralité du territoire.

Pour ce faire, les collectivités ont fait appel à des sociétés spécialisées pour leur en confier la gestion, sous le régime de la concession. Les communes ont pu traiter avec leur futur concessionnaire soit isolément, soit groupées en syndicat d'électrification d'importance variable allant de deux à trente communes.

>Le financement des travaux reste un problème majeur. Créé en 1936, le Fonds d'Amortissement des Charges d'Electrification (FACE), alimenté par une taxe sur le kWatt vendu, apporte une aide substantielle aux collectivités rurales.

C'est grâce à ce fonds que l'extension des réseaux a pu connaître un réel essor.

histoire-eclairage-publicAprès guerre, il est apparu, au moins pour le financement des travaux, qu'un regroupement des collectivités concédantes était opportun et le FACE a préconisé la création de syndicats départementaux, accordant des aides à cette fin.

La Lozère décide en 1950 de la création du Syndicat Départemental d'Electrification "SDE", le Conseil Général accordant, de son côté, la garantie des emprunts ainsi qu'une subvention en annuités.

Dans l'euphorie de cette structure nouvellement créée, les travaux se poursuivent activement.

La maîtrise d'oeuvre est assurée au début par la jeune EDF omniprésente. Mais elle n'est pas suffisamment à l'écoute du SDE, si bien que cette mission revient vite aux deux administrations concernées : les Ponts et Chaussées et le Génie Rural agissant conjointement. L'EDF locale reste, bien sûr consultée. L'objectif est de mettre le plus rapidement possible l'électricité à la disposition de tout le monde.

L'unification des tarifs et des taxes devient effective en 1970 assurant au SDE un revenu stable. En 1971, le SDE a recruté sa première secrétaire administrative, ouvrant la voie vers l'organisation actuelle.

L'éclairage public en Lozère

Peu avant 1970, les cahiers des charges de concession de la distribution d'électricité viennent à échéance. Ces cahiers des charges qui fixent les droits et devoirs de l'autorité concédante et du concessionnaire (en Lozère EDF) mettaient à la charge du concessionnaire l'installation et le fonctionnement gratuit d'un certain nombre de lanternes d'éclairage public.

Les nouveaux cahiers de charges ne reprendront pas les obligations du concessionnaire en ce qui concerne l'éclairage public : l'entretien ne sera plus assuré gratuitement par EDF, c'est à dire plus assuré du tout.

histoire-sde-lozereMais l'accès aux lanternes par des personnes non habilitées est illégal et risqué et l'éclairage public étant un service communal, c'est la responsabilité du maire qui serait engagée en cas d'accident. Donc, lorsqu'une lampe "grille", la lanterne est hors service et la Lozère plonge peu à peu dans l'obscurité.

Heureusement, le président du Syndicat départemental d'électrification, qui est aussi conseiller général au Massegros, rencontre dans les rues de Marvejols un électricien de sa connaissance et lui demande d'aller changer les lampes du Massegros.

Cette prestation est un succès et notre électricien devient le premier technicien recruté par le Syndicat départemental. Très rapidement, deux autres électriciens viennent renforcer le service et constituer une équipe compétente, dotée d'un parc à matériel qui se constitue peu à peu. Ainsi, le SDE a acquis progressivement et sans l'avoir recherché, une situation de quasi-monopole.

Le service d'entretien et d'extension de l'éclairage public ainsi constitué donne satisfaction aux communes, ce qui amène plusieurs maires à suggérer au président d'étendre ce service à l'eau potable. Une équipe spécialisée est bientôt créée et c'est l'ouverture vers les services publics communaux qui va par la suite s'étendre au débrousaillage, à l'entretien des stations d'épuration, des réseaux d'eau usée...

La station de ski du Bleymard - Mont Lozère

En cet automne 1970, les flocons de neige qui commencent à tomber rappellent à nos directeurs de travaux que la station de ski du Bleymard - Mont Lozère ne poursuivra pas ses activités.

C'est dommage car cette activité était appréciée de tous et le ski-club mendois avait construit presque de ses mains, au début des années 60, le téléski de l'Estaragnas, bientôt suivi de ceux du Touril et de la Combe de Finiels.

ski-bleymard-lozereL'un des directeurs est un excellent skieur, l'autre un passionné de mécanique et de neige. Mais ne pouvant relancer la station par leur seule bonne volonté, ils soumettent l'idée au président du Syndicat départemental qui accepte volontiers.

Il ne reste qu'à reconnaître les lieux, les installations, s'initier à leur fonctionnement et aux pratiques de l'exploitation et faire en sorte que tout soit prêt pour la saison.

Les skieurs sont ravis mais l'enthousiasme n'est pas le fait de tous.

Certains soulignent que le SDE n'a pas compétence pour intervenir hors de l'électrification rurale proprement dite. Il a donc fallu modifier les statuts du syndicat à vocations multiples et ajouter un deuxième "E" à ses initiales.

Puis les critiques se sont calmées et le Syndicat, devenu propriétaire des équipements, a assuré pendant plus de trois décennies la gestion de cette station de ski alpin aujourd'hui confiée par délégation à la SELO.